« Toutes les posibilites ignominieuses
des comportements et des conduites humaines s’incarnent et se concrétisent en
un petit nombre de situations et en quelques actes simples. Les mots qui
nomment ces actes et ces situations élémentaires ne sont ni savants, ni
nombreux. Vandale, Barbare, quelques autres encore, et la liste est vite
close : la conscience claire ne veut rien en connaître ».
viernes, 20 de diciembre de 2013
Adresse aux vivants sur la mort qui les gouverne et l'opportunité de s'en défaire - Raoul Vaneigem
«L’idée et le sentiment de crise dominent aujourd’hui les préoccupations
de tous. Bien que le caractère de cette crise demeure confus, il
apparaît de plus en plus nettement qu’elle n’affecte pas seulement
l’économie planétaire, mais qu’elle modifie aussi la structure
traditionnelle des sociétés, porte un coup sévère aux idéologies
politiques, dévalorise les vertus patriarcales, ridiculise les diverses
formes d’autorité. Le monde essoufflé par une progressive usure
attendait une révolution, c’est une mutation qui s’annonce. Et sur les
ruines encombrantes du travail, de l’argent, du crédit politique, de
l’autorité, d’autres valeurs se font jour, qui annoncent une
humanisation de la nature en général et de la nature humaine en
particulier, laissant entrevoir la fin d’une ère et les prémices d’un
nouveau style de vie. L’Adresse aux vivants précise la frontière sur laquelle s’affrontent désormais une civilisation moribonde et une civilisation naissante.»
Né en 1934, licencié en littérature romane, Raoul Vaneigem a construit une œuvre à mi-chemin de la littérature, de l’histoire et de la réflexion philosophique. Ses livres ont eu une influence sensible sur le mouvement des idées de ces trente dernières années. L’Adresse aux vivants rappelle, dans un style décapant, que le bonheur est une idée neuve et qu’il faut en finir avec le renoncement de soi dans lequel l’économie et le travail (l’horreur économique…) nous ont plongés. L’homme a mieux à faire : affiner sans cesse sa propre humanité, œuvrer à l’harmonie de son désir de vie, sans laquelle il ne peut y avoir d’harmonie universelle.
Le sabotage - Émile Pouget
Un classique de la lutte
ouvrière, paru en 1898, par un activiste célèbre par ses actions, par
son journal et ses écrits. Le principe en est simple : fournir la
quantité et la qualité de travail selon le salaire ; à bas salaire,
travail bâclé. Contre l'exploitation absolue de tous les travailleurs
(des journées de 12 heures et des semaines de 70 heures !), Pouget
s'insurge contre l'esclavage industriel, contre le mensonge monstrueux
de l'entreprise et de l'appareil étatique, de tous les appareils
totalitaires. Il fustige vertement et clairement les diverses formes
sans cesse renouvelées de l'exploitation. C'est un classique de
l'insoumission. A chacun de vérifier maintenant où se cache
l'exploitation généralisée.
Emile Pouget, syndicaliste révolutionnaire de la fin du XIXe siècle,
fut une grande figure essentielle du mouvement ouvrier international, connu par son vigoureux pamphlet Le sabotage et par son journal hebdomadaire Le père peinard (critique systématique de toutes les formes d'exploitation).
miércoles, 27 de noviembre de 2013
La Commune : Histoire et souvenirs - Louise Michel
En 1898, Louise Michel achève la rédaction de ses souvenirs sur la
Commune : " Ecrire ce livre, annonce-t-elle au lecteur, c'est revivre
les jours terribles où la liberté nous frôlant de son aile s'envola de
l'abattoir ; c'est rouvrir la fosse sanglante où, sous le dôme tragique
de l'incendie, s'endormit la Commune, belle pour ses noces avec la mort,
les noces rouges du martyre. [...] Dans cette grandeur terrible, pour
son courage à l'heure suprême lui seront pardonnés les scrupules, les
hésitations de son honnêteté profonde. " Quelque vingt-cinq années après
les événements, cette figure de la Commune de Paris n'a pas perdu sa
fougue. Dans ce récit passionné, elle raconte, jour après jour, les
épisodes de ce drame qui lui valurent d'être emprisonnée puis déportée
pendant près de dix ans en Nouvelle-Calédonie. La richesse et la
précision de ses informations font de ce texte un document exceptionnel
sur la Commune et ses acteurs. De plus, ses qualités stylistiques et la
force de son écriture élèvent ce témoignage émouvant au rang des grands
classiques de notre littérature politique.
domingo, 17 de noviembre de 2013
Les Universités Populaires (1899-1914) - Lucien Mercier
« Né d’une thèse de 3e cycle soutenue
en 1979, le livre de Lucien Mercier comble une lacune dans l’historiographie
sociale de la France d’avant la Première Guerre mondiale. Celui qui était
intéressé par le phénomène U. P. Ne pouvait, jusqu’ici, que se reporter aux Cahiers
de la quinzaine qui avaient publié, à chaud, plusieurs études sur le sujet.
Masi nous ne possédions pas d’ouvrages de synthèse qui auraient permis de
saisir les différents aspects de ce mouvement éducatif. [...]
L’Université populaire s’est conçue d’emblée
comme une institution autonome, non dépendante des autres organisations
sociales : appendice ni de l’école, ni d’un parti ou syndicat. A cette
première originalité, s’ajoute une seconde : toutes les opinions sociales
et politiques pouvaient y être présentes ». [Source]
martes, 22 de octubre de 2013
Anarchie et Christianisme - Jacques Ellul
QUEL peut être mon objectif en écrivant ces pages ? Je crois qu'il est
très important de bien situer le projet pour éviter tout malentendu !
Tout d'abord, qu'il soit bien clair que je n'ai aucune intention
prosélytique ! Je ne cherche nullement à « convertir » des anarchistes à
la foi chrétienne ! Ceci n'est pas une simple attitude d'honnêteté,
mais se trouve également fondé bibliquement... Réciproquement, je ne
cherche nullement à dire aux chrétiens qu'ils DOIVENT devenir
anarchistes ! Mais seulement que, parmi les options « politiques »,
s'ils tiennent à s'engager dans une voie politique, ils ne doivent pas
écarter d'avance l'anarchisme, mais que, bien au contraire, à mes yeux
celui-ci me parait la conviction la plus proche, dans son domaine, de la
pensée biblique.
viernes, 5 de julio de 2013
Écrits politiques - Marcel Mauss
Est-il légitime de s'engager lorsqu'on est un savant ? Oui, affirme
Marcel Mauss (1872-1950) au tournant de ce siècle, mais c'est en homme
de science qu'il convient de le faire. Autrement dit, s'il lui revient
bien d'éclairer les grands enjeux sociaux et politiques et de dire aux
sociétés si elles font bien, pratiquement et idéalement, de poursuivre
dans la voie qu'elles ont choisie, le scientifique ne saurait renoncer,
en élargissant son public, aux principes qui le guident dans l'exercice
de son métier : probité, rigueur, refus du prophétisme. Cette nouvelle
conception de la responsabilité du savant, le pionnier des sciences
sociales et humaines en France la met en pratique dès les années 1890
alors qu'il est étudiant à Bordeaux, fréquentant le Groupe des étudiants
socialistes, adhérant au Parti ouvrier français, tout en s'attachant à
définir les fondements d'un socialisme humaniste. L'Affaire Dreyfus (il
s'engagera vivement aux côtés des dreyfusards) puis la Première Guerre
mondiale (le pacifiste internationaliste qu'il est se portera volontaire
après l'assassinat de Jaurès) marqueront de façon décisive
l'intellectuel et le militant. Et tandis que, jusqu'à sa mort, Mauss
s'attachera à percer le mystère du lien social, mobilisant l'histoire
des religions, l'ethnographie, la philologie, la sociologie pour
comprendre comment les sociétés se constituent et comment elles se
reproduisent, il multipliera les interventions politiques (dans
L'Humanité avant 1920, Le Populaire ensuite, telle ou telle revue
savante, à travers aussi son engagement dans le mouvement coopératif,
les cours qu'il dispense à la Bourse du travail ou ailleurs) pour
expliquer qu'il n'est pas de démocratie sans vie associative dynamique
et sans morale fondée sur la solidarité et la réciprocité. Dans la
fidélité à Jaurès, l'adhésion au parti socialiste SFIO ira pour lui de
soi, tout comme la participation au journal L'Humanité dès 1904. A
l'heure de la montée des périls, il observera sans complaisance la
révolution d'Octobre et s'engagera dans le combat antifasciste. Les
écrits politiques de Marcel Mauss, on l'aura compris, font partie
intégrante de son œuvre. Ils sont ici présentés par Marcel Fournier,
l'auteur de la biographie de référence (Marcel Mauss, Fayard, 1994).
Fichier 1
Fichier 2
martes, 2 de octubre de 2012
Autres écrits - Jacques Lacan
Vingt ans après sa mort, Lacan parle encore. Tardive onde de choc du séisme de son enseignement, ces Autres écrits, rédigés entre 1938 et 1980, viennent compléter les Écrits
parus en 1966. Cette publication va permettre au grand public de
prendre connaissance d'une série de textes fondamentaux édités du vivant
de leur auteur et devenus rapidement introuvables en dehors des cercles
psychanalytiques. C'est un Lacan en dialogue avec son temps que fera
découvrir ce recueil : un hommage à Marguerite Duras, un article sur
Maurice Merleau-Ponty ; un échange, en 1966, avec des étudiants en
philosophie ; une libre reprise de la notion marxiste de plus-value ;
une confrontation aux événements de 1968 ; des textes institutionnels…
Mais quel que soit le propos, Lacan reste Lacan et ne parle jamais que
d'une seule chose : la psychanalyse. Et toujours avec ce style sans
pareil.
*
Pas-à-Lire.
Définition lacanienne de l’écrit. Quelque chose comme « Chien méchant », ou « Défense d’entrer ». Voire : « Lasciate ogni speranza ».
Disons que c’est un défi, fait pour tenter le désir. Lacan résumait d’une phrase le leçon des Ecrits : « l’inconscient relève du logique pur, autrement dit du signifiant ». Les Autres écrits enseignent de la jouissance qu’elle aussi relève du signifiant, mais à son joint avec le vivant ; qu’elle se produit de « manipulations » non pas génétiques mais langagières, affectant le vivant qui parle, celui que la langue traumatise. Il s’ensuit : que la jouissance, cynique comme telle, ne condescend au désir que par la voie de l’amour ; qu’elle fait obstacle à toute programmation du rapport sexuel ; que, féminine, elle répugne à l’universel et s’accorde à l’infini ; que, phallique, elle est « hors-corps » ; et autres théorèmes jusqu’alors inouïs dans la psychanalyse. On n’en trouvera pas le répondant dans le génome, dont le décryptage pourtant fait promesse, de noces nouvelles du signifiant et du vivant. On pressent l’avènement du self-made-man. Nous l’appellerons : LOM du XXIe siècle. Ce recueil pourrait être son viatique. A le déchiffrer, on saura mieux y faire avec les symptômes inconnus de demain.
Définition lacanienne de l’écrit. Quelque chose comme « Chien méchant », ou « Défense d’entrer ». Voire : « Lasciate ogni speranza ».
Disons que c’est un défi, fait pour tenter le désir. Lacan résumait d’une phrase le leçon des Ecrits : « l’inconscient relève du logique pur, autrement dit du signifiant ». Les Autres écrits enseignent de la jouissance qu’elle aussi relève du signifiant, mais à son joint avec le vivant ; qu’elle se produit de « manipulations » non pas génétiques mais langagières, affectant le vivant qui parle, celui que la langue traumatise. Il s’ensuit : que la jouissance, cynique comme telle, ne condescend au désir que par la voie de l’amour ; qu’elle fait obstacle à toute programmation du rapport sexuel ; que, féminine, elle répugne à l’universel et s’accorde à l’infini ; que, phallique, elle est « hors-corps » ; et autres théorèmes jusqu’alors inouïs dans la psychanalyse. On n’en trouvera pas le répondant dans le génome, dont le décryptage pourtant fait promesse, de noces nouvelles du signifiant et du vivant. On pressent l’avènement du self-made-man. Nous l’appellerons : LOM du XXIe siècle. Ce recueil pourrait être son viatique. A le déchiffrer, on saura mieux y faire avec les symptômes inconnus de demain.
Écrits - Jacques Lacan
Il faut avoir lu ce recueil, et dans son long, pour y sentir que s'y
poursuit un seul débat, toujours le même, et qui, dût-il paraître dater,
se reconnaît pour être le débat des lumières.
C'est qu'il est un domaine où l'aurore même tarde : celui qui va d'un préjugé dont ne se débarrasse pas la psychopathologie, à la fausse évidence dont le moi se fait titre à parader de l'existence.
L'obscur y passe pour objet et fleurit de l'obscurantisme qui y retrouve ses valeurs.
Nulle surprise donc qu'on résiste là même à la découverte de Freud, terme qui se rallonge ici d'une amphibologie : la découverte de Freud par Jacques Lacan.
Le lecteur apprendra ce qui s'y démontre l'inconscient relève du logique pur, autrement dit du signifiant.
L'épistémologie ici fera toujours défaut, si elle ne part d'une réforme, qui est subversion du sujet.
L'avènement ne peut s'en produire que réellement, et à une place que tiennent présentement les psychanalystes,
C'est à transcrire cette subversion, du plus quotidien de leur expérience, que Jacques Lacan s'emploie pour eux depuis quinze ans.
La chose a trop d'intérêt pour tous, pour qu'elle ne fasse pas rumeur.
C'est pour qu'elle ne vienne pas à être détournée par le commerce culturel que Jacques Lacan de ces écrits fait appel à l'attention.
C'est qu'il est un domaine où l'aurore même tarde : celui qui va d'un préjugé dont ne se débarrasse pas la psychopathologie, à la fausse évidence dont le moi se fait titre à parader de l'existence.
L'obscur y passe pour objet et fleurit de l'obscurantisme qui y retrouve ses valeurs.
Nulle surprise donc qu'on résiste là même à la découverte de Freud, terme qui se rallonge ici d'une amphibologie : la découverte de Freud par Jacques Lacan.
Le lecteur apprendra ce qui s'y démontre l'inconscient relève du logique pur, autrement dit du signifiant.
L'épistémologie ici fera toujours défaut, si elle ne part d'une réforme, qui est subversion du sujet.
L'avènement ne peut s'en produire que réellement, et à une place que tiennent présentement les psychanalystes,
C'est à transcrire cette subversion, du plus quotidien de leur expérience, que Jacques Lacan s'emploie pour eux depuis quinze ans.
La chose a trop d'intérêt pour tous, pour qu'elle ne fasse pas rumeur.
C'est pour qu'elle ne vienne pas à être détournée par le commerce culturel que Jacques Lacan de ces écrits fait appel à l'attention.
lunes, 10 de septiembre de 2012
Potlatch (1954-1957)
L’internationale lettriste a été fondée « arbitrairement » à Bruxelles en juin 1952. Regroupement de certains lettristes dissidents (Jean-Louis Brau, Guy-Ernest Debord, Serge Berna, Gil J Wolman)
ayant rejeté le lettrisme « isouïen », elle marque définitivement sa
désolidarisation après un scandale perpétré à l'encontre de Charlie Chaplin qu'Isidore Isou refusa de cautionner1.
Tout en s'inspirant des théories du Soulèvement de la Jeunesse et de la destruction des arts prônées par Isou, cette dissidence du lettrisme se rapproche plutôt du marxisme révolutionnaire, du dadaïsme
berlinois et des pensées nihilistes et anarchistes. L'internationale
lettriste n'a donc de lettriste que le nom, et possède déjà toutes les
germes théoriques de ce qui deviendra l'Internationale situationniste (dérive, psychogéographie, détournement, urbanisme unitaire...). [Wikipedia]
viernes, 31 de agosto de 2012
Cinq études du matérialisme historique - Étienne Balibar
Je rassemble ici cinq études du matérialisme historique, rédigées au
cours des dernières années dans des circonstances différentes, mais dans le
cours d’un même travail.
Je le précise d’emblée : des études du matérialisme historique, ce ne
sont pas des interprétations, des recherches « originales », encore moins les
chapitres d’un traité. Mais quelques éléments du travail d’apprendissage
permanent que la théorie marxiste requiert des militants révolutionnaires
que nous voulons être.
La théorie marxiste n’est pas, spontanément, « bien connue » de
tous
ceux qui l’invoquent. Elle ne peut etre réduite à des citations, bien
qu’elle
exige la connaissance détaillée tes textes « classiques ». Elle doit
être étudiée à la lumière de la pratique et des problèmes politiques de
notre temps,
mais non pas mise au service d’une ligne conjoncturelle, pour lui
fournir
des garanties d’authenticité idéologique immédiates. Elle ne peut être
étudiée
indépendamment de l’histoire du mouvement ouvrier, dont elle représente
la forme concentrée d’organisation. C’est donc une tâche politique,
collective, ininterrompue, c’est le lieu et l’enjeu d’une lutte
incessante entre
plusieurs voies, qui est une forme spécifique de la lutte des classes.
Le matérialisme historique définit et analyse concrètement deux
réalités
indissociables : le processus de l’exploitation capitaliste et le
processus de la révolution prolétarienne. Ses vrais « concepts
fondamentaux » sont donc
ceux de la plus-value et de la dictature du prolétariat, irréductibles à
toute
l’idéologie bourgeoise, et dont l’énoncé même requiert l’actualisation
permanente, dans chaque conjoncture historique. Le champ du matérialisme
historique, c’est l’unité des problèmes de le plus-value et de la
dictature
du prolétariat; c’est l’analyse de l’exploitation capitaliste du point
de vue
de la révolution prolétarienne.
Sur ce terrain, que nous n’avons pas fini d’explorer, le marxisme n’a
cessé de progresser en se rectifiant lui-même. Il est devenu le « marxisme-léninisme ». Il doit parcourir de nouvelles étapes.
jueves, 23 de agosto de 2012
Le droit à la paresse - Paul Lafargue
Voici un texte très célèbre, au succès jamais démenti, d'un «disciple» de Karl Marx. L'entame du texte est des plus explicite : Une
étrange folie possède les classes ouvrières des nations où règne la
civilisation capitaliste. Cette folie traîne à sa suite des misères
individuelles et sociales qui, depuis des siècles, torturent la triste
humanité. Cette folie est l'amour du travail, la passion moribonde du
travail, poussée jusqu'à l'épuisement des forces vitales de l'individu
et de sa progéniture. Ce texte est beaucoup plus qu'un pamphlet
superbement écrit. Il contient une compréhension essentielle de la
transformation nécessaire et actuelle de nos sociétés à travers la
nature même du travail productif.
martes, 19 de junio de 2012
Encyclopédie anarchiste - Sébastien Faure et alii
L'Encyclopédie anarchiste est une encyclopédie initiée par Sébastien Faure, entre 1925 et 1934, publiée en 4 volumes.
Le projet initial comportait cinq parties :
- un dictionnaire anarchiste
- l'histoire de la pensée et de l'action anarchiste
- les biographies des militants et des penseurs
- les biographies d'individualités ayant contribué par leur œuvre à l'émancipation humaine
- un catalogue des livres et revues anarchistes
Seule la première partie, en quatre volumes totalisant 2893 pages,
voit le jour. Elle veut regrouper en son sein toutes les tendances
anarchistes, sans exclusive. Elle compte plusieurs centaines de
collaborateurs, parmi lesquels se trouvent, outre Sébastien Faure
lui-même, Luigi Bertoni, Pierre Besnard, Émile Armand, Han Ryner, Augustin Souchy, Max Nettlau, Voline, Aristide Lapeyre...
Tome 1
Tome 2
Tome 3
Tome 4
viernes, 15 de junio de 2012
La fabrique de l'homme endetté. Essai sur la condition néolibérale - Maurizio Lazzarato
La dette, tant privée que publique, semble aujourd’hui une préoccupation majeure des « responsables » économiques et politiques. Dans La Fabrique de l’homme endetté, Maurizio Lazzarato montre cependant que, loin d’être une menace pour l’économie capitaliste, elle se situe au cœur même du projet néolibéral.
À
travers la lecture d’un texte méconnu de Marx, mais aussi à travers la
relecture d’écrits de Nietzsche, Deleuze, Guattari ou encore Foucault,
l’auteur démontre que la dette, loin de n’être qu’une réalité
économique, est avant tout une construction politique, et que la
relation créancier/débiteur est le rapport social fondamental de nos
sociétés.
La dette n’est pas d’abord un dispositif économique, mais une technique sécuritaire de gouvernement et de contrôle des subjectivités individuelles et collectives, visant à réduire l’incertitude du temps et des comportements des gouvernés. Selon la logique « folle » du néolibéralisme – qui prétend substituer le crédit aux salaires et aux droits sociaux, avec les effets désastreux que la crise des subprimes a illustrés de façon dramatique –, nous devenons toujours davantage les débiteurs de l’État, des assurances privées et, plus généralement, des entreprises, et nous sommes incités et contraints, pour honorer nos engagements, à devenir les « entrepreneurs » de nos vies, de notre « capital humain » ; c’est ainsi tout notre horizon matériel, mental et affectif qui se trouve reconfiguré et bouleversé.
La dette n’est pas d’abord un dispositif économique, mais une technique sécuritaire de gouvernement et de contrôle des subjectivités individuelles et collectives, visant à réduire l’incertitude du temps et des comportements des gouvernés. Selon la logique « folle » du néolibéralisme – qui prétend substituer le crédit aux salaires et aux droits sociaux, avec les effets désastreux que la crise des subprimes a illustrés de façon dramatique –, nous devenons toujours davantage les débiteurs de l’État, des assurances privées et, plus généralement, des entreprises, et nous sommes incités et contraints, pour honorer nos engagements, à devenir les « entrepreneurs » de nos vies, de notre « capital humain » ; c’est ainsi tout notre horizon matériel, mental et affectif qui se trouve reconfiguré et bouleversé.
Comment sortir de cette situation
impossible ? Comment échapper à la condition néolibérale de l’homme
endetté ? Si l’on suit Maurizio Lazzarato dans ses analyses, selon
lesquelles la dette est avant tout un instrument de contrôle
politique et l’expression de rapports de pouvoir, force est de
reconnaître qu’il n’y pas d’issues simplement techniques, économiques ou
financières. Il nous faut remettre en question radicalement le rapport
social fondamental qui structure le capitalisme : le système de la
dette.
Sociologue et philosophe, Maurizio Lazzarato vit et travaille à Paris où il poursuit des recherches sur le travail immatériel, l’éclatement du salariat et les mouvements « post-socialistes ». Il a notamment écrit Intermittents et Précaires (avec Antonella Corsani, 2008) et Expérimentations politiques (2009).
domingo, 15 de abril de 2012
Intermittents et Précaires - Antonella Corsani & Maurizio Lazzarato
Depuis 1992, les Coordinations des intermittents du spectacle se sont
construites autour d’un constat et d’une revendication : la
discontinuité de l’emploi qui caractérise le secteur du spectacle
concerne un nombre grandissant de travailleurs et pas uniquement les
artistes et les techniciens du cinéma, du théâtre, de la télévision, du
cirque, de la danse, etc. Pour combattre la précarisation et la
paupérisation de couches de plus en plus importantes de la population,
le régime de l’intermittence doit être élargi à tous les travailleurs
soumis à la flexibilité de l’emploi.
_ C’est avec le mouvement social qui a marqué la scène politique de juin 2003 à avril 2007 que, pour la première fois, le mot précaire fait son entrée dans l’espace public. Les intermittents en lutte assument, jusque dans le nom qu’ils se donnent, le fait d’être à la fois « intermittents » et « précaires ». La Coordination des Intermittents et Précaires a ainsi porté à un niveau supérieur le conflit en le déplaçant sur un terrain politique. En démontrant que le travail déborde l’emploi, que le temps de chômage est aussi un temps d’activité, que ces activités restent invisibles à l’entreprise et aux institutions, les intermittents se battent pour des « nouveaux droits sociaux », pour la continuité des droits et du revenu en situation de discontinuité de l’emploi, plutôt que pour l’emploi à plein temps.
_ Ce livre retrace la genèse, les développements et les résultats d’une recherche qui a été le fruit d’une coopération et d’une coproduction entre « savants » et « profanes », entre des chercheurs universitaires et les militants des collectifs et des coordinations.
_ C’est avec le mouvement social qui a marqué la scène politique de juin 2003 à avril 2007 que, pour la première fois, le mot précaire fait son entrée dans l’espace public. Les intermittents en lutte assument, jusque dans le nom qu’ils se donnent, le fait d’être à la fois « intermittents » et « précaires ». La Coordination des Intermittents et Précaires a ainsi porté à un niveau supérieur le conflit en le déplaçant sur un terrain politique. En démontrant que le travail déborde l’emploi, que le temps de chômage est aussi un temps d’activité, que ces activités restent invisibles à l’entreprise et aux institutions, les intermittents se battent pour des « nouveaux droits sociaux », pour la continuité des droits et du revenu en situation de discontinuité de l’emploi, plutôt que pour l’emploi à plein temps.
_ Ce livre retrace la genèse, les développements et les résultats d’une recherche qui a été le fruit d’une coopération et d’une coproduction entre « savants » et « profanes », entre des chercheurs universitaires et les militants des collectifs et des coordinations.
lunes, 26 de marzo de 2012
Homosexualité et Révolution - Daniel Guérin
Le texte classique de Daniel GUÉRIN, grande figure
du mouvement ouvrier du milieu du 20ème siècle, et auteur
de nombreux ouvrages sur le fascisme, le Front Populaire et la pensée
libertaire, suivi d’un entretien de 1979 où l’auteur parle longuement
de sa propre sexualité.
lunes, 6 de febrero de 2012
Cybermonde. La politique du pire - Paul Virilio
On connaît le scepticisme de Paul Virilio à l’égard des technologies nouvelles de la communication. Dans ce livre d’entretiens avec le journaliste Philippe Petit, le théoricien de la vitesse réaffirme très clairement ses appréhensions ; il conteste l’idée que la cybernétique puisse contribuer à l’amélioration qualitative de la démocratie.
Virilio rappelle que « le pouvoir est toujours le pouvoir de contrôler un territoire par des messagers, des moyens de transports et de transmissions » . Partant de ce constat, il se demande : « Pouvons-nous trouver une démocratie du temps réel, du live, de l’immédiateté, de l’ubiquité ? » Et il répond : « Je ne le pense pas, et ceux qui s’empressent de dire oui ne sont pas très sérieux. »
Paul Virilio réfléchit aussi à l’ « accident intégral » , celui qui, en raison même de la mise en réseau de l’ensemble de la planète, peut survenir au même moment partout : la panne générale de tous les ordinateurs, le krach boursier total. Cet accident - qui finira par se produire, selon l’auteur - devrait nous conduire, une fois encore, à méditer sur les dégâts du progrès technologique mal maîtrisé.
Enfin, Paul Virilio s’interroge sur le devenir de la guerre après la chute du mur de Berlin et à l’heure des satellites et de l’instantanéité : « Une Babel militaire s’est mise en place, affirme-t-il, à travers la prolifération nucléaire et à travers le terrorisme généralisé ; on a du mal à retrouver nos repères, même pour un travail théorique. »
Une lecture fort stimulante qui confirme cet auteur comme l’un des rares penseurs rebelles contemporains, dénonçant inlassablement les dangers de la révolution informationnelle et cybernétique.
[Nancy Dolhem]
domingo, 5 de febrero de 2012
Pourquoi j'ai cambriolé - Alexandre Jacob
Cette brochure présente une déclaration de l’anarchiste illégaliste Alexandre Marius Jacob lors de son procès à Amiens en mars 1905.
Au sommaire :
Mémoires d'un ouvrier en Espagne durant la période 1920-1940 - Balthasar Martinez
Balthasar Martinez raconte sa vie d’ouvrier syndiqué à la CNT avant
l’éclatement de la guerre, puis son internement par le régime franquiste
dans le camp de concentration de Pampelune.
Ces Mémoires ressemblent à un scénario de film. Mais c’est
bien la réalité qui est décrite. Celle de la vie d’ouvriers espagnols
avant le début de la guerre civile. Un témoignage édifiant sur la
faiblesse de l’État Républicain qui a laissé la réaction organiser son
coup d’état tout en maintenant l’exploitation des ouvriers. Un
témoignage sur une conscience révolutionnaire loin des théoriciens de
salon.
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