martes, 22 de octubre de 2013

Anarchie et Christianisme - Jacques Ellul

http://cerclenonconforme.hautetfort.com/media/02/00/2822312319.jpg

QUEL peut être mon objectif en écrivant ces pages ? Je crois qu'il est très important de bien situer le projet pour éviter tout malentendu ! Tout d'abord, qu'il soit bien clair que je n'ai aucune intention prosélytique ! Je ne cherche nullement à « convertir » des anarchistes à la foi chrétienne ! Ceci n'est pas une simple attitude d'honnêteté, mais se trouve également fondé bibliquement... Réciproquement, je ne cherche nullement à dire aux chrétiens qu'ils DOIVENT devenir anarchistes ! Mais seulement que, parmi les options « politiques », s'ils tiennent à s'engager dans une voie politique, ils ne doivent pas écarter d'avance l'anarchisme, mais que, bien au contraire, à mes yeux celui-ci me parait la conviction la plus proche, dans son domaine, de la pensée biblique. 


viernes, 5 de julio de 2013

Écrits politiques - Marcel Mauss

http://classiques.uqac.ca/classiques/mauss_marcel/ecrits_politiques/ecrits_politiques_L20.jpg

Est-il légitime de s'engager lorsqu'on est un savant ? Oui, affirme Marcel Mauss (1872-1950) au tournant de ce siècle, mais c'est en homme de science qu'il convient de le faire. Autrement dit, s'il lui revient bien d'éclairer les grands enjeux sociaux et politiques et de dire aux sociétés si elles font bien, pratiquement et idéalement, de poursuivre dans la voie qu'elles ont choisie, le scientifique ne saurait renoncer, en élargissant son public, aux principes qui le guident dans l'exercice de son métier : probité, rigueur, refus du prophétisme. Cette nouvelle conception de la responsabilité du savant, le pionnier des sciences sociales et humaines en France la met en pratique dès les années 1890 alors qu'il est étudiant à Bordeaux, fréquentant le Groupe des étudiants socialistes, adhérant au Parti ouvrier français, tout en s'attachant à définir les fondements d'un socialisme humaniste. L'Affaire Dreyfus (il s'engagera vivement aux côtés des dreyfusards) puis la Première Guerre mondiale (le pacifiste internationaliste qu'il est se portera volontaire après l'assassinat de Jaurès) marqueront de façon décisive l'intellectuel et le militant. Et tandis que, jusqu'à sa mort, Mauss s'attachera à percer le mystère du lien social, mobilisant l'histoire des religions, l'ethnographie, la philologie, la sociologie pour comprendre comment les sociétés se constituent et comment elles se reproduisent, il multipliera les interventions politiques (dans L'Humanité avant 1920, Le Populaire ensuite, telle ou telle revue savante, à travers aussi son engagement dans le mouvement coopératif, les cours qu'il dispense à la Bourse du travail ou ailleurs) pour expliquer qu'il n'est pas de démocratie sans vie associative dynamique et sans morale fondée sur la solidarité et la réciprocité. Dans la fidélité à Jaurès, l'adhésion au parti socialiste SFIO ira pour lui de soi, tout comme la participation au journal L'Humanité dès 1904. A l'heure de la montée des périls, il observera sans complaisance la révolution d'Octobre et s'engagera dans le combat antifasciste. Les écrits politiques de Marcel Mauss, on l'aura compris, font partie intégrante de son œuvre. Ils sont ici présentés par Marcel Fournier, l'auteur de la biographie de référence (Marcel Mauss, Fayard, 1994).

Fichier 1

Fichier 2


martes, 2 de octubre de 2012

Autres écrits - Jacques Lacan


Vingt ans après sa mort, Lacan parle encore. Tardive onde de choc du séisme de son enseignement, ces Autres écrits, rédigés entre 1938 et 1980, viennent compléter les Écrits parus en 1966. Cette publication va permettre au grand public de prendre connaissance d'une série de textes fondamentaux édités du vivant de leur auteur et devenus rapidement introuvables en dehors des cercles psychanalytiques. C'est un Lacan en dialogue avec son temps que fera découvrir ce recueil : un hommage à Marguerite Duras, un article sur Maurice Merleau-Ponty ; un échange, en 1966, avec des étudiants en philosophie ; une libre reprise de la notion marxiste de plus-value ; une confrontation aux événements de 1968 ; des textes institutionnels… Mais quel que soit le propos, Lacan reste Lacan et ne parle jamais que d'une seule chose : la psychanalyse. Et toujours avec ce style sans pareil. 

*

Pas-à-Lire.
Définition lacanienne de l’écrit. Quelque chose comme « Chien méchant », ou « Défense d’entrer ». Voire : « Lasciate ogni speranza ».
Disons que c’est un défi, fait pour tenter le désir. Lacan résumait d’une phrase le leçon des Ecrits : « l’inconscient relève du logique pur, autrement dit du signifiant ». Les Autres écrits enseignent de la jouissance qu’elle aussi relève du signifiant, mais à son joint avec le vivant ; qu’elle se produit de « manipulations » non pas génétiques mais langagières, affectant le vivant qui parle, celui que la langue traumatise. Il s’ensuit : que la jouissance, cynique comme telle, ne condescend au désir que par la voie de l’amour ; qu’elle fait obstacle à toute programmation du rapport sexuel ; que, féminine, elle répugne à l’universel et s’accorde à l’infini ; que, phallique, elle est « hors-corps » ; et autres théorèmes jusqu’alors inouïs dans la psychanalyse. On n’en trouvera pas le répondant dans le génome, dont le décryptage pourtant fait promesse, de noces nouvelles du signifiant et du vivant. On pressent l’avènement du self-made-man. Nous l’appellerons : LOM du XXIe siècle. Ce recueil pourrait être son viatique. A le déchiffrer, on saura mieux y faire avec les symptômes inconnus de demain. 


Écrits - Jacques Lacan


Il faut avoir lu ce recueil, et dans son long, pour y sentir que s'y poursuit un seul débat, toujours le même, et qui, dût-il paraître dater, se reconnaît pour être le débat des lumières.
C'est qu'il est un domaine où l'aurore même tarde : celui qui va d'un préjugé dont ne se débarrasse pas la psychopathologie, à la fausse évidence dont le moi se fait titre à parader de l'existence.
L'obscur y passe pour objet et fleurit de l'obscurantisme qui y retrouve ses valeurs.
Nulle surprise donc qu'on résiste là même à la découverte de Freud, terme qui se rallonge ici d'une amphibologie : la découverte de Freud par Jacques Lacan.
Le lecteur apprendra ce qui s'y démontre l'inconscient relève du logique pur, autrement dit du signifiant.
L'épistémologie ici fera toujours défaut, si elle ne part d'une réforme, qui est subversion du sujet.
L'avènement ne peut s'en produire que réellement, et à une place que tiennent présentement les psychanalystes,
C'est à transcrire cette subversion, du plus quotidien de leur expérience, que Jacques Lacan s'emploie pour eux depuis quinze ans.
La chose a trop d'intérêt pour tous, pour qu'elle ne fasse pas rumeur.
C'est pour qu'elle ne vienne pas à être détournée par le commerce culturel que Jacques Lacan de ces écrits fait appel à l'attention.


lunes, 10 de septiembre de 2012

Potlatch (1954-1957)


L’internationale lettriste a été fondée « arbitrairement » à Bruxelles en juin 1952. Regroupement de certains lettristes dissidents (Jean-Louis Brau, Guy-Ernest Debord, Serge Berna, Gil J Wolman) ayant rejeté le lettrisme « isouïen », elle marque définitivement sa désolidarisation après un scandale perpétré à l'encontre de Charlie Chaplin qu'Isidore Isou refusa de cautionner1.

Tout en s'inspirant des théories du Soulèvement de la Jeunesse et de la destruction des arts prônées par Isou, cette dissidence du lettrisme se rapproche plutôt du marxisme révolutionnaire, du dadaïsme berlinois et des pensées nihilistes et anarchistes. L'internationale lettriste n'a donc de lettriste que le nom, et possède déjà toutes les germes théoriques de ce qui deviendra l'Internationale situationniste (dérive, psychogéographie, détournement, urbanisme unitaire...). [Wikipedia]


viernes, 31 de agosto de 2012

Cinq études du matérialisme historique - Étienne Balibar


Je rassemble ici cinq études du matérialisme historique, rédigées au cours des dernières années dans des circonstances différentes, mais dans le cours d’un même travail. 

Je le précise d’emblée : des études du matérialisme historique, ce ne sont pas des interprétations, des recherches « originales », encore moins les chapitres d’un traité. Mais quelques éléments du travail d’apprendissage permanent que la théorie marxiste requiert des militants révolutionnaires que nous voulons être. 

La théorie marxiste n’est pas, spontanément, « bien connue » de tous ceux qui l’invoquent. Elle ne peut etre réduite à des citations, bien qu’elle exige la connaissance détaillée tes textes « classiques ». Elle doit être étudiée à la lumière de la pratique et des problèmes politiques de notre temps, mais non pas mise au service d’une ligne conjoncturelle, pour lui fournir des garanties d’authenticité idéologique immédiates. Elle ne peut être étudiée indépendamment de l’histoire du mouvement ouvrier, dont elle représente la forme concentrée d’organisation. C’est donc une tâche politique, collective, ininterrompue, c’est le lieu et l’enjeu d’une lutte incessante entre plusieurs voies, qui est une forme spécifique de la lutte des classes. 

Le matérialisme historique définit et analyse concrètement deux réalités indissociables : le processus de l’exploitation capitaliste et le processus de la révolution prolétarienne. Ses vrais « concepts fondamentaux » sont donc ceux de la plus-value et de la dictature du prolétariat, irréductibles à toute l’idéologie bourgeoise, et dont l’énoncé même requiert l’actualisation permanente, dans chaque conjoncture historique. Le champ du matérialisme historique, c’est l’unité des problèmes de le plus-value et de la dictature du prolétariat; c’est l’analyse de l’exploitation capitaliste du point de vue de la révolution prolétarienne.

Sur ce terrain, que nous n’avons pas fini d’explorer, le marxisme n’a cessé de progresser en se rectifiant lui-même. Il est devenu le « marxisme-léninisme ». Il doit parcourir de nouvelles étapes. 


jueves, 23 de agosto de 2012

Le droit à la paresse - Paul Lafargue

 

Voici un texte très célèbre, au succès jamais démenti, d'un «disciple» de Karl Marx. L'entame du texte est des plus explicite : Une étrange folie possède les classes ouvrières des nations où règne la civilisation capitaliste. Cette folie traîne à sa suite des misères individuelles et sociales qui, depuis des siècles, torturent la triste humanité. Cette folie est l'amour du travail, la passion moribonde du travail, poussée jusqu'à l'épuisement des forces vitales de l'individu et de sa progéniture. Ce texte est beaucoup plus qu'un pamphlet superbement écrit. Il contient une compréhension essentielle de la transformation nécessaire et actuelle de nos sociétés à travers la nature même du travail productif.